Recherche · 2015 – 2016
La Photostéréosynthèse
#0 Prototype — le corps dansant en volume
Un procédé photographique presque oublié, inventé par Louis Lumière vers 1920, que j’ai repris et retravaillé pour photographier le mouvement et le présenter en grand format.
Le procédé d’origine
La photostéréosynthèse a été mise au point par Louis Lumière au début des années 1920. Le principe : photographier un même sujet en une succession de plans de netteté, tirer chaque plan sur une plaque transparente, puis superposer ces plaques à distance les unes des autres. Le regard recompose l’ensemble et l’image apparaît en volume, sans lunettes ni stéréoscope.
Méconnu du grand public, le procédé est resté une curiosité de laboratoire, limité aux petits formats et aux sujets immobiles.
Ce que j’ai retravaillé
J’ai réussi à reproduire ce procédé en y apportant mes propres modifications, avec deux objectifs : l’adapter à la perception du mouvement, et le rendre possible en tirage grand format.
Au lieu d’un objet immobile, j’ai photographié un corps dansant. Les plaques superposées forment des images en volume par stratification. Et j’ai inversé le rapport habituel à la danse : ce n’est plus le danseur qui bouge devant un public immobile, c’est le spectateur qui se déplace pour appréhender le geste chorégraphique.
#0 Prototype
Ce travail est le fruit d’une collaboration entre deux danseurs interprètes et un créateur styliste de mode. La danse, dans son rapport au corps et au mouvement, m’a semblé la plus adaptée à cette exploration.
La série fait partie d’un travail en cours, dans lequel je continue d’explorer le mouvement à travers la danse et la photostéréosynthèse. L’un des enjeux se situe au moment de l’exposition : je conçois la finalité du projet comme une scénographie chorégraphiée, dans une salle obscure où la lumière et le son montent et descendent.
- 2015 Premiers prototypes à Marseille, après les recherches sur l’argenture (#1 Prototype). Le texte de présentation de la série est rédigé en novembre 2015.
- 2016 Sélectionné par le Holocenter, centre d’art holographique, pour son programme de résidence et d’ateliers d’artistes à Columbus (Ohio), autour du mouvement dansé et de la perception haptique.
English
Photostéréosynthèse is a little-known process invented by Louis Lumière around 1920: a subject is photographed in successive planes of focus, each plane is printed on a transparent plate, and the stacked plates rebuild the image in volume. I reproduced the process and brought my own modifications to adapt it to the perception of movement and to large-format printing. “#0 Prototype” presents the dancing body as 3D images by stratification — here the audience moves around a static display to grasp the choreographic gesture. A collaboration with two dancers and a fashion designer, and a work in progress.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la photostéréosynthèse ?
C’est un procédé de photographie en relief mis au point par Louis Lumière vers 1920. On photographie un même sujet en plusieurs plans de netteté, on tire chaque plan sur une plaque transparente, puis on superpose les plaques espacées les unes des autres : l’image apparaît en volume, sans lunettes ni stéréoscope.
Quelle différence avec la stéréoscopie ?
La stéréoscopie montre deux images légèrement décalées, une pour chaque œil, et demande une visionneuse. La photostéréosynthèse construit physiquement le volume en empilant des plaques : on regarde l’objet directement, et l’image change quand on se déplace.
Peut-on encore pratiquer la photostéréosynthèse aujourd’hui ?
Oui. J’ai reproduit le procédé en argentique et je l’ai modifié pour photographier le mouvement (ici, le corps dansant) et réaliser des tirages grand format. N’hésitez pas à me contacter si vous voulez en parler ou l’expérimenter.